Une interview pour en savoir plus sur le projet de la tour Utrillo

medicisUne interview pour en savoir plus sur le projet de la tour Utrillo

 

Comment est né le projet dit de la tour Utrillo ?

FRÉDÉRIC. L’Etat, propriétaire de la tour Utrillo, a proposé d’y loger une annexe de la Villa Médicis. Il s'agit de rien de moins que l'académie de France à Rome, une prestigieuse institution qui accueille en son sein de jeunes artistes sur une période donnée pour leur permettre d'exprimer leur créativité et d'exposer leurs créations. 

OLIVIER D'HENRY. L'initiateur du projet, l'ex-ministre de la Culture Frédéric Mitterrand, destine la tour Utrillo à l'accueil d'artistes de différentes disciplines, d'une école de la deuxième chance et d'une prépa à l'enseignement artistique. Quand une idée est bonne pour la population, le bord politique de son auteur n'importe pas. Ce qui compte, c'est que cette idée devienne réalité et qu'elle serve l'intérêt de la population.

Quelle est la position de l'actuelle ministre de la Culture à l'égard de ce projet ?

FV : Aurélie Filippetti a confirmé le maintien du projet, avec une orientation plus technologique, notamment autour du numérique. Mais depuis cette annonce, il n'a pas avancé d'un iota. 

ODH : Bernard Tapie, alors qu'il était ministre de la Ville, avait annoncé l'installation dans cette tour d'activités économiques pourvoyeuses d'emplois. Nous savons ce qu'il en a été. Nous ne voulons pas que le nouveau projet reste lettre morte. Il en va de la crédibilité de la parole politique. C'est pourquoi, par ailleurs, nous mettrons en place, une fois élus, un observatoire des engagements composé de citoyens des différents quartiers de la ville, chargé de faire le bilan sur les engagements tenus pendant la campagne électorale et qui pourra rendre publiques ses conclusions.

Alors que la crise  économique et sociale s'accentue, est-ce qu'un tel projet est vraiment une priorité pour les habitants de Montfermeil ?

FV : Bien sûr. Montfermeil souffre particulièrement sur ces deux plans. Les habitants sont en outre confrontés à la mauvaise image de leur ville, ce qui accentue les difficultés, par exemple à l'embauche. Mais cette mauvaise image n'est pas une fatalité. Nous pensons que le maire actuel, à grands coups de déclarations qui montent les communautés les unes contre les autres en discriminant une partie de la population, porte une lourde responsabilité dans cette situation.
ODH : L'idée phare est de démocratiser la culture. "Même la population de Montfermeil" a droit à accéder à une programmation culturelle exigeante. Au-delà, l'implantation d'une telle institution permettra de rendre 
notre territoire attractif à la fois pour les entreprises et pour les populations à venir. On peut imaginer que demain Montfermeil sera la ville de la Villa Médicis plutôt qu'une ville stigmatisée pour des motifs aberrants, tels que des arrêtés municipaux d'un autre âge. 

Quel rôle pouvez-vous avoir dans la réalisation de ce projet ?

FV : Nous pouvons faire bouger les choses. Nous pouvons pousser les autorités compétentes à accélérer le mouvement pour que ce projet prenne corps. 

ODH : Nous pouvons concevoir un avant-projet, où les acteurs locaux, associatifs, culturels, institutionnels, sans oublier les habitants, trouveraient pleinement leur place. Sans attendre, nous proposons d’accueillir des artistes en résidence à Montfermeil. Ceux-ci pourraient animer des ateliers ouverts au public. Ils pourraient promouvoir la création artistique urbaine en associant les artistes locaux. Sur un plan plus symbolique, une première initiative pourrait consister à végétaliser la tour, qui serait l'emblème du renouveau de notre ville.